Jean-Luc Saber, membre élu du conseil APF de département du Rhône, partage avec nous les raisons de son engagement et ses espoirs en une société accessible.

 

Mon premier contact avec la délégation APF France handicap du Rhône remonte à une dizaine d’années. J’étais alors salarié d’un établissement public et je venais d’être chargé d’un projet de sensibilisation des chef·fe·s d’entreprise des secteurs du commerce et des services, à l’accessibilité de leurs boutiques.

Ayant subi une altération définitive d’une fonction sensorielle à la suite d’une maladie, je comprenais les besoins de la clientèle concernée et je me sentais alors particulièrement motivé par cette mission. Le fait d’accompagner des artisans-commerçants « handi-accueillants » dans leur démarche de mise en conformité avec l’appui du CARPA, représentait pour moi un objectif professionnel enthousiasmant. Je n’étais d’ailleurs pas le seul à croire naïvement que l’échéance fixée au 1er janvier 2015, pour l’application de la loi du 11 février 2015, serait en quelque sorte le « grand soir » de l’accessibilité.

Peu de temps après, les séquelles irréversibles d’un accident de trajet m’ont contraint à mettre un terme à ma carrière. J’en ai profité pour devenir bénévole à APF France handicap, puis adhérent quatre ans plus tard.

J’ai bien sûr continué à m’intéresser de près à l’actualité de la mise en œuvre de la loi sur le handicap.  Les textes parus au journal officiel en 2014 et 2015 visant à édulcorer son contenu, atténuer ses dispositions et différer son calendrier, équivalent, hélas, à des pas en arrière. Certains diront que cette reculade était prévisible, mais ne sommes-nous pas au pays des droits de l’Homme ? Pays qui devrait s’enorgueillir d’avoir élaboré une législation favorable à ses citoyen·ne·s les plus vulnérables ?

Curieux pays en fait, que cette France dont les gouvernant·e·s ne manquent jamais une occasion de donner des leçons de morale, mais qui renient les principes qu’il·elle·s ont édictés dès qu’un groupe de pression veut faire passer ses intérêts avant ceux de la collectivité. Une société française qui sacrifie son idéal humaniste à chaque fois qu’il entre en conflit avec des considérations financières…

À l’inverse, ce que je vois en dehors de nos frontières me semble porteur d’espoir en matière de prise en charge du handicap.

Je pense notamment aux États-Unis où je vais souvent pour des concerts de country music, un genre musical dont les artistes sont nombreux à parrainer des fondations pour enfants en situation de handicap. Nous savons bien que nos ami·e·s outre-Atlantique n’ont pas que des qualités, mais il·elle·s se sont donné les moyens de bâtir une société inclusive grâce à leur loi ADA de 1990, qui est réellement appliquée. Sachant que nous avons un goût immodéré pour tout ce qui se fait en Amérique, j’ose espérer que nous saurons prendre le meilleur en important ce modèle pour l’imposer chez nous.

En attendant ce jour, j’ai l’intention de m’engager un peu plus au service de la cause défendue par APF France handicap afin de mériter la confiance de tou·te·s ceux·elles qui viennent de m’élire au conseil APF de département.

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