L’inclusion est un terme que vous retrouvez souvent dans notre communication. Et pour cause, à lui seul, il pourrait résumer toutes les valeurs d’APF France handicap, tous nos combats. C’est donc avec cette question, « Qu’est-ce que l’inclusion ? », que nous choisissons d’ouvrir la partie blog de notre tout nouveau site territorial.

Pour expliquer ce qu’est l’inclusion, nous avons tendance à définir ce qu’elle n’est pas en faisant la distinction avec ces trois termes : l’exclusion, la ségrégation et l’intégration. Voici des exemples à l’échelle d’une société :

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Exclusion

L’exclusion, c’est écarter une personne ou un groupe de personnes d’un ensemble. Certains phénomènes comme le chômage ou le grand âge, par exemple, peuvent rompre le lien social entre la personne marginalisée et la société.

Ségrégation

La ségrégation est la séparation physique de personnes sur des critères qui sont, le plus souvent, racistes. On peut donner comme exemple l’obligation de fréquenter certains hôpitaux, certaines écoles ou même quartiers, exclusivement à l’usage de certaines personnes.

Intégration

L’intégration est un processus qui permet de lier une personne à un groupe. On entend parler d’intégration sociale, par exemple, lorsqu’une personne immigrée parle la langue du pays, travaille et fréquente des personnes de son pays d’accueil.

Pourquoi ne militons-nous pas pour l’intégration des personnes en situation de handicap à notre société ?

Non, vraiment, nous ne souhaitons pas que les personnes en situation de handicap soient intégrées à notre société. Mais pourquoi ?

Parce qu’intégrer les personnes en situation de handicap à notre société revient à dire que nous intégrons des personnes différentes à une norme. Cette norme est donc, par nature, excluante. Nous militons pour que la norme évolue.

Nous militons pour qu’il soit normal de faire des logements accessibles, de faire des trottoirs larges, de pouvoir aller dans n’importe quel commerce, dans n’importe quelle école. Nous militons pour qu’il soit normal d’avoir un revenu décent, d’avoir une vie sentimentale, affective et sexuelle, d’avoir accès à la culture, à la santé, à l’emploi, aux loisirs. Nous militons pour qu’il soit normal d’étudier, de travailler et de fréquenter des personnes en situation de handicap tous les jours.

L’inclusion, c’est tout ça. C’est faire en sorte que notre société considère les personnes en situation de handicap, ainsi que toutes les personnes ayant une quelconque déficience, comme normales. Et que notre société évolue donc, de sorte à ce que toutes les personnes normales aient accès normalement à tout ce qui est normal de pouvoir avoir.

Inclusion

Cet article a 6 commentaires

  1. ‪J’adhère complètement votre article ! Je suis pour l’inclusion mais attention à ne pas mélanger avec inclusion scolaire ! Par exemple, dans des ULIS (unité locale inclusion scolaire), les avs avec la langue des signes ne suffisent guère pour accompagner les élèves sourds dans une classe ordinaire ! Complètement délirant ! Ce qu’ils ont besoin, c’est une pédagogie adaptée et directe par les enseignants compétents à la surdité (et non, par les enseignants qui se sont renseigné sur la surdité par internet ou peu formés ) tant que leur handicap est à la fois invisible et linguistique ! Les adaptations pédagogiques, c’est tout le temps et tous les jours. Je ne suis pas sûr que ces enseignants soient prêts à gérer avec les 30 élèves en plus ! D’ailleurs, les enfants sourds, par leur acuité visuelle développée, sont sensibles, ils émettent facilement beaucoup d’hypothèses qui peuvent le déstabiliser, ils peuvent facilement adopter un comportement de faux-semblants pour montrer qu’ils ont tout compris. Les élèves sourds ont besoin d’un cadre étroit et rassurant ! Pour revenir à la définition de l’inclusion, c’est pour moi une image dans la société, c’est à dire l’environnement qui entoure les personnes handicapées ! L’inclusion des élèves sourds dans une classe ordinaire, ça fait faux cul, pardonnez moi ce terme ! L’inclusion des classes « spécialisées » dites des Unités d’enseignement, UE avec des activités ouvertes ( arts plastiques, sports, cantine, sorties éducatives, séjour de découverte, etc …) avec les élèves entendants dans une école ordinaire est une très bonne idée mais madame Sophie Cluzel, monsieur JM Blanquer, les inspectrices d’académie de Versailles Mmes Kerebel et Docteur sont complètement obnubilés qui par l’image complètement idéalisée de l’inclusion comme de belles missions humanitaires auprès des orphelins affamés et abandonnés avec des intervenants prêts à tout ! Leur politique est complètement réfractaire d’humanité et ouverture ! Hélas … triste réalité ! ‬

    ‪Sébastien PICOUT, éducateur spécialisé sourd‬

    1. Merci pour ce complément détaillé. En effet, nous sommes d’accord avec vous : nous parlons bien ici d’inclusion à l’échelle de la société et nous travaillons également pour que les professionnel·le·s – enseignant·e·s compris – puissent être formés aux handicaps dès le départ, condition sine qua none pour l’inclusion scolaire.

  2. Bonjour,
    Quel schéma et quelle définition pourrait on proposer pour « Insertion ».
    Cordialement

    1. Le schéma pourrait être assez similaire à celui de l’intégration. La différence réside dans la démarche de l’acceptation.
      Intégration : la société reconnait l’individu comme faisant parti de son ensemble.
      Insertion : l’individu s’est adapté pour prendre sa place et participe à la vie de la société.
      On pourra parler de compensation au handicap, seulement dans un cas d’intégration.

  3. Oui, l’inclusion pour remplacer l’exclusion de toutes les personnes. C’est aussi les cajoler et en prendre soin avec les plus grandes attentions parce que certaines sont vraiment fragiles. L’inclusion, il ne suffit pas de le dire ( du genre le département de la Manche est numéro un ou deux pour l’inclusion) !je peux vous dire que ça plaise ou non en Normandie c’est plutôt l’exclusion qui règne en maître. Mais le faire ! En clair de belles paroles mais les actes ne suivent pas… .

    1. Et c’est bien parce que l’inclusion est encore loin d’être parfaite en France qu’APF France handicap continue son engagement quotidien !

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