Depuis quand utiliser vous l'AAH ?

« Depuis mes 20 ans. L’AAH a été diminuée (ce qui est normal !) lors de mon contrat d’alternance et ma période de chômage par la suite. Elle est ensuite revenue à taux plein.

J’ai essayé de trouver du travail. On m’a dit que j’étais trop « handicapé » pour travailler dans le monde « ordinaire » et je suis trop qualifié avec mon BTS comptabilité en alternance pour travailler dans le monde protéger. Pendant 8 ans, j’ai essayé de trouver un travail, je n’arrêtais pas de prendre des refus à cause de mon handicap soi disant « trop lourd ». »

Le fait de déconjugaliser l'AAH, ça vous apporterait quoi ?

« Tout d’abord, cela nous permettrait de ne plus vivre cachés ; de ne pas avoir honte, d’avoir ce sentiment d’être un « escroc » ou voleur ; de ne pas avoir peur d’être dénoncé et contrôlé aussi. J’ai l’impression d’avoir une épée de Damoclès sur ma tête !

Ma compagne touche moins que moi car elle a la pension d’invalidité, soit environ 900 €. Cependant, grâce à la bonne situation de ses parents, elle touche quelques revenus supplémentaires. Ces revenus (assez faibles) entrent alors dans le calcul de l’AHH. Et je ne vais pas demander à ma compagne de refuser l’aide de ses parents pour moi !

J’ai fait le calcul, si on était honnêtes, on vivrait avec environ 1400 € par mois pour 2, soit 700 € chacun par mois pour payer loyer, charges, nourritures, frais pour ma voiture, loisirs, etc. On est, je crois, sous le seuil de pauvreté. On ne veut pas vivre dans manoir non plus, mais vivre normalement et de pas dépendre de ma compagne et surtout pas de mes beaux-parents !

Je ne trouve pas normal qu’on vive mieux chez ses parents avec aucune contrainte financière que quand on veut vivre « normalement », en couple. On nous pousse à ne pas être autonomes. »

Ce refus de déconjugaliser vous apporte quoi comme problèmes (au quotidien, etc.) ?

« Cela nous oblige de vivre dans la précarité. Les charges pour du matériel médical ou pour les médicaments sont de plus en plus nombreuses, ça n’aide pas à se soigner.

Ça m’oblige également à demander de l’argent à ma conjointe pour aller boire un verre avec mes amies, par exemple.

Je ne peux pas me marier. Ma belle-famille me pousse à demander la mains de ma compagne, je leurs réponds que l’État m’en empêche.

Je ne peux pas fonder une famille, ni connaître la joie d’avoir des enfants (je ne vois pas l’intérêt d’en avoir pour les faire vivre dans la précarité).

Mes projets d’avenir son aussi limités. »

Comment vous sentez-vous suite au refus de la déconjugalisation ?

« Nous sommes révoltés, en colère car les gens ne se rendent pas compte. On n’est pas malheureux mais la vie n’est pas un long fleuve tranquille. Vivre avec un handicap tous les jours, ce n’est pas facile, il faut calculer la moindre dépense. »

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